Réalisation d’une résidence sociale rue de Javel (15ème)

Retrouvez ci-dessous l’intervention prononcée mercredi 14 décembre en séance du Conseil de Paris, au nom du groupe Socialiste, Radical de Gauche et apparentés, sur la réalisation d’un programme de résidence sociale de 27 logements rue de Javel dans le 15ème.

Monsieur le Maire mes chers collègues,

Cette délibération qui prévoit 27 logements de type PLAI-I au sein d’une résidence sociale rue de Javel dans le 15ème arrondissement, illustre parfaitement, concrètement, la politique que mène la municipalité pour s’efforcer de loger dans la capitale toutes les catégories de populations éligibles au logement social.

Dans le cas présent, il s’agira d’un établissement de 27 T1, qui sera géré par Emmaüs, et destiné à des personnes isolées avec un faible niveau de ressources.

Je relève d’abord que l’apport de la Ville se monte à 887 000 euros et celui de l’Etat à 289 000 euros ce qui signifie que sans l’effort consenti par Paris, cette opération ne pourrait pas voir le jour.

Cette séance du Conseil de Paris ne se bornera pas à adopter ce seul programme de résidence sociale dans le 15ème arrondissement.

Il faut se réjouir de la richesse de son ordre du jour qui a prévu plusieurs autres opérations à caractère social que je veux saluer.

Ainsi, nous est-il demandé de nous prononcer sur un projet de résidence social à Boucicaut qui comportera 49 logements et un foyer d’hébergement pour personnes autistes.

Je ne serais pas complet si je n’évoquais pas un projet au 86 rue de Lourmel qui prévoit un EHPAD de 101 logements ainsi qu’une résidence sociale de 25 logements destinés aux femmes victimes de violences.

La majorité de droite du 15ème évoque souvent la fierté de l’arrondissement d’accueillir un grand nombre de structures à caractère social, en particulier pour les plus démunis et les malades. Elle oublie de dire qu’avec 240 000 habitants, cet arrondissement, le plus peuplé de Paris, peut bien consentir quelques efforts en faveur de ceux qui en ont le plus besoin.

Mais, mes chers collègues, sachez que cette même majorité fait preuve d’une générosité sélective.

Quand il s’agit d’offrir quelques chambres pour jeunes travailleurs dans le futur patronage laïque, elle vote contre.

Quand il s’agit d’ouvrir une résidence pour étudiants et jeunes travailleurs rue Castagnary, elle mène un combat déterminé contre ce projet.

Enfin, et c’est sans doute le plus significatif de sa vision très particulière de l’humanisme et de la solidarité, elle mène une campagne contre les résidents du nouveau centre d’hébergement du Samu social de la rue Oscar Roty à travers des réunions de mobilisation des riverains des tracts ou des courriers d’élus aux habitants.

Il ne nous a pas échappé, à nous élus de gauche, la façon dont ce centre, ouvert cet été, a été accueilli.

Ainsi, le Maire du 15ème a-t-il évoqué en conseil d’arrondissement une décision « malencontreuse et brutale de la Ville ».

Le député, Monsieur Jean-François Lamour, pas en reste, à écrit aux habitants, dans un courrier digne de la « Droite Populaire », pour se vanter d’avoir obtenu  » par les forces de police, l’éviction systématique des personnes très marginalisées, de la voie publique ».

Plutôt que de stigmatiser ces personnes en grande difficulté, il eut mieux valu que l’UMP se préoccupa, dès l’installation du centre de son ouverture 24h/24 et de sa bonne intégration à la vie du quartier.

Pour en revenir à la délibération qui nous occupe, mon groupe se réjouit de ce programme de résidence sociale dans un quartier où le logement dit social n’est pas surreprésenté.

Tout ce qui va, et ira dans ce sens, Monsieur Mano, est, et sera, le bienvenu.Face à la crise, la réponse n’est pas l’égoïsme, ça n’est pas le populisme tel que le pratique la droite du 15ème, c’est la solidarité, solidarité dont fait preuve la municipalité et donc, les parisiens.

Solidarité et lien intergénérationnel : la ville de Paris innove

J’étais intervenu en février dernier afin d’encourager la ville de Paris dans son soutien aux associations proposant de la colocation intergénerationnelle entre étudiants et personnes âgées.

Je suis séduit par ce dispositif qui contribue à la vitalité de notre ville et tente de répondre à l’isolement des personnes âgées et à la difficulté pour les étudiants d’accéder à un logement.

Abondamment évoqué par la presse à l’approche de la rentrée universitaire, vous trouverez via le lien internet ci dessous, l’ensemble des dispositifs proposés par la Ville de Paris pour répondre à la problématique du logement étudiant.

http://www.paris.fr/accueil/accueil-paris-fr/les-solutions-logement-pour-les-jeunes-a-paris/rub_1_actu_105395_port_24329

Ci dessous également, le texte de mon intervention en Conseil de Paris afin de soutenir le subventionnement de l’association PariSolidaire, association qui fait le lien entre personnes âgées et étudiants.

Monsieur le Maire, mes chers collègues,

Aujourd’hui, les pouvoirs publics sont confrontés à deux défis majeurs qui sont l’accompagnement de la population âgée et la transition vers la vie active des jeunes.

Un français sur 6 a plus de 65 ans et l’espérance de vie ne cesse de progresser. Notre collectivité doit donc accompagner au mieux cette évolution, ce qu’elle fait par une politique municipale riche et diversifiée en direction des seniors, comme on l’a encore vu encore ce matin.

Mais, elle prend aussi en compte le problème extrêmement grave que représente la pénurie de logements à laquelle sont confrontés les étudiants, les jeunes travailleurs et demandeurs d’emplois.

On ne devient salarié et citoyen que dans des conditions de stabilité et cela passe d’abord par le logement.

Aussi, toutes les initiatives prises par le monde associatif visant à mettre en relation des seniors qui disposent d’espaces d’habitation libre avec des jeunes à la recherche d’un logement, toutes ces initiatives doivent être encouragées, accompagnées financièrement.

J’approuve donc la proposition qui nous est faite d’attribuer une subvention de 10 000 euros à l’association le Parisolidaire qui se donne pour objectif de développer dans Paris la cohabitation intergénérationnelle.

J’observe, d’abord, que cette association soulage déjà aujourd’hui un certain nombre d’étudiants ou de jeunes travailleurs parisiens en leur procurant un logement qui leur permet de s’intégrer plus harmonieusement dans le monde du travail.

Mais, il faut aussi relever que ce format d’hébergement est original et digne d’intérêt parce qu’il confronte deux générations qui ont beaucoup à se dire et qui peuvent faire beaucoup mutuellement l’une pour l’autre.

Cette démarche originale est particulièrement intéressante à mes yeux puisqu’elle permet de prévenir l’isolement des personnes âgées dont on sait qu’en milieu urbain elle constitue un fléau et une source d’angoisses pour les intéressés.

En contrepartie de l’attribution du logement, le jeune s’engage à être présent régulièrement pour nouer avec elle des relations solidaires et, pourquoi pas, amicales.

Ce dispositif  qui est un dispositif de générosité réciproque peut contribuer à améliorer la qualité de la vie pour mieux vieillir au quotidien. Une charte, signée entre avril 2010 entre la Ville et les associations, donnait déjà un cadre de travail harmonieux, une méthode et des objectifs clairs.

Autre intérêt de ce système de colocation, en fournissant un revenu au propriétaire âgé, il peut aussi constituer un moyen pour eux de rester dans leur logement.

Enfin, et ça n’est pas la moindre de ses qualités, cette location solidaire est je crois, aussi, source d’enrichissement mutuel.

Le lien intergénérationnel, c’est la cohabitation complice et souriante entre nos aînés et les jeunes gens.

C’est aussi une réponse pragmatique à l’isolement des personnes âgées et à la difficulté pour les étudiants d’accéder à un logement.

Je crois donc que tout ce qui contribue à l’intégration des parisiens dans leurs différences au sein de la Ville, c’est de la vitalité pour Paris, c’est un supplément d’âme pour chacun, ce sont des pistes à poursuivre et à encourager par des soutiens financiers accrus et des campagnes de communications ambitieuses.

Centres sociaux parisiens : mon intervention au conseil de Paris

Ci-dessous mon intervention lors de la séance du 27 mars 2011 du Conseil de Paris à propos des centres sociaux parisiens. Dans le 15ème, l’OCM Ceasil et le Foyer de Grenelle sont concernés.

2011 DASES 75-G – Signature de 27 nouvelles conventions pluriannuelles avec les associations gestionnaires de centres sociaux Parisiens

 Monsieur le président, mes chers collègues,

 L’ensemble des élus qui siègent dans cette assemblée connaît, j’imagine, le rôle essentiel que jouent les 33 centres sociaux dans nos arrondissements respectifs.

 Je veux profiter de cette délibération qui nous propose la signature d’une convention avec les 27 centres sociaux gérés par des associations, pour rendre hommage à leurs personnels.

 Les centres sociaux, nous le savons bien, sont confrontés à un contexte social toujours plus difficile.

Qu’il s’agisse de l’accroissement de la précarité, du vieillissement de la population, des discriminations liées à l’origine et au sexe, ce sont toujours plus de parisiens qui s’y pressent au quotidien. Et je ne veux pas passer sous silence ceux de nos concitoyens encore jeunes qui s’adressent aux centres sociaux pour évoquer leur difficulté à accéder au logement et au travail.

Si on ajoute l’assèchement des financements publics étatiques, on le voit bien, le monde des centres sociaux, pourtant essentiel à notre lien social et à notre solidarité de proximité, ce monde est durement secoué et mis en difficulté. 

Et pourtant, et pourtant notre collectivité en a plus que jamais besoin.

Le département va donc s’engager pour trois ans dans un cadre conventionnel avec les centres sociaux.

 Ce faisant, il reconnaît le professionnalisme de ses salariés et, en particulier de ses responsables, qui doivent coiffer des casquettes multiples face à l’urgence sociale. Ils doivent d’abord prévenir la marginalisation des familles et des individus qui viennent à eux puis faciliter leur insertion sociale et leur promotion à travers, notamment, de multiples actions socio éducatives et nous savons qu’elles sont nombreuses.

 Mais les centres sociaux de Paris, ce sont aussi les bénévoles.

Pour la plupart retraités ou en passe de le devenir, le temps et l’attention qu’ils donnent au service des autres sont dignes d’éloges

 L’écoute dont ils font preuve et l’expérience qu’ils transmettent sont très importantes dans la vie et la construction de celles et ceux qu’ils prennent en charge.

 2011 est l’année européenne du bénévolat.

 Raison de plus pour dire qu’il est temps maintenant de penser le monde associatif comme un monde du travail ; il relève du monde du travail au sens large du terme.

 Il relève bien sûr aussi et avant tout de l’engagement citoyen.

 Ce bénévolat est porteur de valeurs altruiste et d’idéal, il constitue sans doute un chemin personnel de reconstruction de soi.

 Aider chacun à s’épanouir et trouver sa place en tant que citoyen, là se situe le dessein qui habite les équipes qui gèrent ces centres sociaux.

 Je connais bien le centre social OCM Ceasil dans le 15e arrondissement.

 Animé par deux salariés seulement et composé d’une centaine de bénévoles, ce centre, comme beaucoup d’autres, est un poumon pour les habitants des quartiers Falguière et Vaugirard. Depuis l’aide aux demandeurs d’emplois, jusqu’à accompagnement scolaire, en passant par les ateliers sociaux linguistiques ou l’organisation de repas de quartiers, ce centre anime, accompagne, prévient au nom d’un projet social de proximité dont l’arrondissement a besoin.

 La volonté de Paris est de  lutter contre l’exclusion sociale qui concerne une frange de notre population croissante.

 Paris a besoin de ses centres d’action sociale, les 33 existants et ceux qui vont voir le jour dans quatre arrondissements.

 L’efficacité et même la visibilité de l’action du département, passe par ce travail conventionnel avec les centres sociaux. Il fallait, je pense, le souligner et leur rendre hommage.

Etre SDF par moins 3 degrés

C’est en hiver que je demande aux organisations caritatives du 15e de m’intégrer dans leurs équipes pour faire avec elles les traditionnelles maraudes de nuit auprès de ceux qui vivent et dorment dehors.

C’est là qu’on peut mesurer la dureté extraordinaire de l’existence de nos concitoyens privés de toit et souvent privés de tout même si j’ai pu rencontrer des travailleurs précaires ayant un emploi mais pas de logement ce qui en dit long sur la paupérisation de notre société et de la population active de notre pays.

C’est une équipe paroissiale qui m’accueille chaleureusement cette fois ci.

20H.  Départ d’une église de l’arrondissement dans la nuit et un froid tranchant qui va bientôt s’accompagner d’une légère pluie givrée.

Nous sommes assez nombreux pour nous répartir en plusieurs équipes toutes équipées de caddies et de sacs à dos remplis de vêtements chauds, de petites victuailles, de mouchoirs papier, de cigarettes et surtout, ce qui rencontre toujours le même succès, de boissons chaudes.

 Le groupe dans lequel on m’intègre couvre une très large superficie de l’arrondissement du village suisse à la rue de la convention pour une longue maraude qui nous tiendra dehors presque trois heures.

Les bénévoles connaissent tous les gens de la rue, leurs besoins et les appellent par leur prénom.

Ils sont admirables.

A travers notre longue marche, nous en découvrons un nouveau, inconnu du groupe, réfugié sous un proche, et dans un grand état de précarité et de délabrement physique. Il faudra le revoir pour lui apporter un pantalon  le sien était tout troué) et surtout des chaussures.

En chemin, je retrouve Hakim, le sri lankais et Dimitri, le russe, que je croise depuis maintenant près de 10 ans.

Comment tiennent-ils le coup ? Comment survivent –ils à cette existence de chien surtout par des températures aussi basses ?

Avec chacun, nous discutons, prenons des nouvelles, passons un peu de temps avant de nous retirer et de les laisser dans le froid humide et coupant sous leurs duvets parfois réchauffés par un chien toujours doux et calme.

Tous nous disent leur répulsion à aller en centre d’hébergement, la promiscuité qui y règne, la saleté, les cris, la folie parfois et leur préférence pour une tranquillité synonyme de liberté.

23H. Nous nous quittons, nos sacs et caddies vides, heureux d’avoir apporté un peu d’humanité à ces hommes courageux et moi, me sentant presque coupable de leur avoir souhaité une bonne nuit tout en sachant qu’à leur place j’aurais été incapable de dormir dans ces conditions alors que m’attend un repas et un appartement bien chaud.

Inauguration de la Bagagerie d’Antigel : un beau moment de solidarité

Nous avons inauguré le 6 octobre 2010, rue Lecourbe dans le 15ème, une bagagerie pour les personnes vivant dans la rue qui, après celle des Halles, est la seconde dans la capitale.

Ce fut un beau moment de rassemblement autour d’une problématique difficile, celle des sans domiciles fixes qui n’ont nulle part où déposer leurs effets personnels.

Outre cette aide pratique, l’association Antigel, constituée de paroissiens du 15ème arrondissement, se donne pour objectif d’aider ces personnes en grande difficulté à se réinsérer dans la société et dans le travail.

Dés qu’elle m’a parlé de ce projet il y a presque un an, j’y ai immédiatement adhéré tant j’en vois l’utilité.

Je me souviens du travail de persuasion que nous avons dû déployer auprés de certains riverains qui s’inquiètaient du projet.

Je suis donc particulièrement satisfait que la Ville de Paris y apporte un concours pratique et financier à travers le local d’un bailleur social loué à Antigel et la subvention qui sera, je l’espère, votée pour cette généreuse initiative le mois prochain.

Je ne suis pas prêt d’oublier la prise de parole de Marcel, lui même ancien de la rue, qui nous a rappelé l’inhumanité de cette existence à travers cette phrase :  » plus le temps passe, plus la rue frappe… ».