Avec la sortie très commentée du gouvernement de Jean-louis Borloo, la famille radicale bruisse de mille rumeurs.
Et si pour les radicaux valoisiens et les radicaux de gauche le moment n’était-il pas venu de procéder au rapprochement et de songer à ne constituer qu’une seule famille comme avant 1972 ?
La scission due au désaccord majeur concernant la signature du programme commun fut désastreuse pour le radicalisme dans notre pays déjà fort éprouvé par les institutions de la Ve République et l’instauration du scrutin majoritaire à deux tours.
Parti Radical Valoisien et Parti Radical de Gauche n’ont subsisté que comme deux formations inféodées à leurs puissants et respectifs partis alliés de la droite et de la gauche, guettés par la marginalisation et faisant plus souvent office de caution à la diversité des deux camps que d’acteurs majeurs, influents et respectés de la vie politique nationale.
Le rassemblement des deux formations ne pourrait donc, dans l’idéal, être qu’une bonne chose, l’éparpillement de nos maigres forces ne nous ayant pas jusqu’ici permis de peser dans la vie démocratique de notre pays.
Les réalités ne jouent pas, hélas, en faveur de cette issue pas plus d’ailleurs qu’en faveur que d’une simple alliance électorale.
Les valoisiens sont à droite et alliés à la droite.
Nous sommes quant à nous à gauche et alliés à la gauche réformiste.
Pourquoi les choses changeraient-elles ?
Si l’on regarde du côté de l’autre rive, que voit-on ?
Un parti radical valoisien qui ne peut être regardé comme une formation autonome tant qu’elle subsistera composante à part entière de l’UMP.
Or, le préalable à toute discussion en vue d’un éventuel rapprochement apparaît clairement comme son départ du giron de la formation en question.
A cet égard, rien ne bouge dans ce camp là. Certes, Jean-Louis Borloo a démissionné de la vice présidence de l’UMP, ce qui semble bien la moindre des choses, mais en acceptant dans le même temps une invitation à déjeuner du président de la République, il a signifié qu’il n’y avait ni n’y aurait nulle rébellion vis-à-vis de l’Elysée.
D’ailleurs, qui sait que les élus radicaux de droite sont des radicaux ? Personne, pour la simple et bonne raison qu’ils sont élus sous l’étiquette UMP et par l’électorat de droite.
Pour eux, quitter ce bord signifierait un grand bond dans l’inconnu. Leurs électeurs qui les ont identifiés comme UMP, ne leur pardonneraient pas et je n’en ai pas entendu un seul évoquer publiquement l’hypothèse.
Je ne voudrais pas faire l’injure aux valoisiens de leur dire qu’ils n’ont rien de radical mais tout de même, les a-t-on jamais entendu dénoncer les excès du sarkozysme, la chasse aux roms, le débat nauséabond sur l’identité nationale, l’inflation des lois répressives, l’Etat impartial bafoué, les a-t-on déjà vu murmurer qu’un soupçon d’humanisme dans cette politique réactionnaire serait la bienvenue ? Les a-t-on vu manifester à nos côtés quand l’école publique était menacée, ou pour le service public de l’enseignement tout simplement, contre le Front national, contre le CIP, contre les lois pénalisant la prostitution, contre tous les reculs des libertés que nous enregistrons avec le pouvoir qui nous gouverne ?
Non, jamais.
Alors, laissons- leur le temps de se ressaisir, d’ouvrir les yeux sur le société qu’ils cautionnent et s’ils viennent à nous, avec les républicains progressistes, ne leur fermons pas la porte.
Cette clarification est d’abord indispensable.
J’ai personnellement toujours vu avec méfiance les démarches du PRG en vue d’ouvrir le débat avec ceux que certains de mes amis qualifient de « cousins ». Elles n’ont jusqu’à maintenant abouti à rien et encore moins à une prise de conscience des valoisiens de la situation dans laquelle ils se sont placés.
Il est maintenant question d’un « front républicain » auquel le PRG appelle.
S’il s’agit de rassembler tous ceux qui aiment la République, mais une République digne et impartiale qui mettrait un terme aux vicissitudes du pouvoir personnel, au discours vulgaire de celui-ci, à ses foucades, à son flirt avec les idées d’extrême droite, on ne peut qu’être d’accord et, ce, d’autant que le PS paralysé par la stérile compétition interne qu’il s’est imposée, n’est pas en mesure de rassembler qui que ce soit, tout occupé qu’il est à parler courants et sous courants et se regarder le nombril.
Le front républicain du Parti de gauche au Modem, pourquoi pas.
Cette dernière formation n’a jamais varié dans la dénonciation du pouvoir personnel actuel et ne saurait être rejetée.
Le front républicain avec Borloo ?
Inutile d’y songer.
La formation qu’il préside va maintenant faire monter les enchères à droite pour se vendre le plus cher possible entre les deux tours de l’élection présidentielle à Nicolas Sarkozy. Quant à son président, on le dit être dans l’attente de succéder à l’actuel Premier ministre.
Comme rupture avec la droite, on fait mieux ….