Jean-Louis Borloo a annoncé sa venue aux rendez-vous de l’identité Républicaine organisés par le PRG le samedi 16 avril 2011 à la Maison de la Chimie à Paris.
Jean-Louis BORLOO a joliment réussi son coup. Faire croire qu’il quitte l’UMP tout en continuant, ou lui ou son entourage, à donner des garanties au parti présidentiel.
Car on ne cesse de nous le répéter : les radicaux valoisiens ne changent pas d’alliance et même s’ils ronchonnent un peu, ils demeurent ancrés dans la majorité de droite.
Tout ça pour ça?
La chose n’est pas si simple.
Si Jean-Louis BORLOO est sincère dans sa volonté d’émancipation, accordons- lui qu’il ne manque pas de courage car sa tâche est ardue. D’abord, il lui faudra s’extirper de ses habitudes d’homme politique ayant choisi de gouverner avec les conservateurs. Après toutes ces années à occuper des postes ministériels éminents, il ne doit pas être aisé de devenir un opposant. Ensuite, si Jean-Louis BORLOO est sincère, il lui faudra trouver des arguments pour convaincre les élus de son parti, voire les militants, d’aller à la rupture avec le parti présidentiel.
Mais, des dizaines d’années passées dans l’inféodation douillette, confortable et assurée tous risques, laissent des traces surtout quand on sait que c’est l’UMP qui finance et fournit la force militante …
Et les élus nationaux et locaux du parti radical valoisien, prendront-ils le risque d’affronter l’UMP et donc de mettre en péril leurs mandats ? On peut naturellement en douter.
Ne faisons pas aux radicaux de droite un procès d’intention.
Que leurs députés, qui sont assez nombreux pour le faire, créent un groupe autonome à l’Assemblé nationale et le débat avec le PRG pourra alors s’ouvrir.
Que leurs militants qui en ont sans doute et légitimement assez d’être mal traités par le grand parti du président, fassent entendre leur voix et imposent l’indépendance et les radicaux de gauche ne pourront que discuter avec eux de l’avenir.
Mais, jusqu’à maintenant, les faits ne militent pas pour cette « révolution » interne.
Il y a quelques semaines encore, le champion des radicaux valoisiens, non seulement ne parlait pas d’émancipation, mais attendait que le président de la République le nomme Premier ministre.
Comme rupture, on peut faire mieux.
Il y a des années que la gauche dénonce l’accumulation des lois sécuritaires et restrictives pour l’immigration et les amis de Jean-Louis BORLOO se taisent.
Depuis quelques mois, l’inflexion droitière et liberticide interpelle les citoyens éveillés de ce pays. Le débat sur l’identité nationale puis celui sur l’islam, un discours politique des gouvernants de plus en plus ouvertement intolérant et décomplexé vis-à-vis de l’immigration,le traitement des Roms, la déchéance de la nationale française, la course aux voix des pauvres électeurs du front national que personne n’entend ni ne comprend….
J’aurais aimé entendre la conscience de Jean –Louis BORLOO dire ce qu’elle en pensait le moment venu.
La pseudo sensibilité centriste ne se fait entendre qu’au moment où le bateau gouvernemental prend l’eau de toute part.
Il était temps.
On aurait aimé la voir peser sur tel ou tel choix, influencer dans un sens plus ouvert et plus humaniste telle ou telle décision.
Si son projet est d’infléchir maintenant la politique de Nicolas Sarkozy, on ne peut que le respecter mais ceci ne nous concerne pas vraiment.
Pour nous militants de gauche, l’objectif est de changer l’équipe qui nous gouverne si mal. Nous voulons une autre politique et de nouvelles têtes aux affaires.
J’aimerais croire que Jean-Louis BORLOO le désire aussi.