Suppression de la Préfecture de Police de Paris : ma réponse à Jean-Jacques Urvoas, Député PS.

Le député socialiste du Finistère, Jean-Jacques URVOAS, en faisant 11 propositions pour rétablir la sécurité, apporte une contribution au débat politique sur le sujet qui est d’autant plus intéressante que la gauche brille peu, en général, par ses idées sur la question.

Si je partage sans réserve son constat sur le fait qu’il faut dénoncer l’inefficacité des politiques qui ont été mises en œuvre par l’actuelle majorité en matière de sécurité depuis une dizaine d’années, je suis en  désaccord total avec lui sur deux de ses propositions :

Ainsi, Jean-Jacques Urvoas prône-t-il le désarmement des polices municipales.

Je crois au contraire, que leur contribution à la sécurité, dont elles constituent un pilier,  est loin d’être négligeable. En patrouillant dans les rues, en surveillant les banques et les commerces, en intervenant quand on les appelle, les policiers municipaux mettent leurs vies en jeu et il n’est pas rare qu’ils soient l’objet de tirs d’armes à feu de la part de délinquants dangereux. On se souvient de la mort d’Aurélie Fouquet, policière municipale, en 2010 abattue à la kalachnikov à Villiers-sur-Marne. Je suis donc favorable à ce que les 20 000 policiers municipaux puissent être équipés d’armes de poing.

Mon désaccord avec Jean-Jacques URVOAS porte aussi et surtout sur la suppression de la préfecture de police de Paris qu’il souhaite.

Non, Monsieur Urvoas, la spécificité parisienne que constitue la préfecture de police, n’est pas une hérésie !

Oui, Monsieur Urvoas, on peut être élu de gauche et trouver des avantages à l’existence d’une préfecture de police à Paris.

C’est mal connaître la capitale que de faire une proposition comme celle ci.

Si le maire de Paris n’a pas bénéficié des mêmes pouvoirs de police que tous ses autres collègues, c’est qu’il y avait une raison et que celle-ci subsiste aujourd’hui.

Paris n’est pas une commune comme les autres. Elle est la capitale et à ce titre elle accueille le siège de nos institutions étatiques républicaines et l’ensemble des représentations diplomatiques de notre pays.

A ce seul titre là, elle justifie un régime administratif particulier qui assure la sécurité et le fonctionnement régulier de ces structures publiques éminentes.

 Mais Paris, c’est aussi 10 millions de visiteurs qui la traversent tous les jours, c’est près de 4 millions de personnes transportées dans le métro au quotidien, c’est 27 millions de visiteurs par an, soit la première destination touristique mondiale.

Paris, c’est aussi des manifestations sur la voie publique régulières, des évènements pouvant attirer des centaines de milliers de personnes dans les rues.

Ce sont ces réalités qui justifient que depuis l’an VIII, il y ait à Paris un préfet de police en charge de la circulation et de la sécurité et c’est une très bonne chose.

Le faire disparaître en chargeant le maire de la capitale de ces tâches, reviendrait pour la municipalité parisienne à devoir se doter de sa propre police municipale.

Et franchement, dans le contexte budgétaire actuel, qui peut raisonnablement imaginer que les élus parisiens voteraient la création de 10, 20 ou 30 000 postes de  policiers ?

Enfin, aujourd’hui il ne faut plus raisonner en termes de sécurité au niveau d’une commune mais au niveau d’une métropole.

L’élargissement en 2009 de la compétence du préfet de police en matière de sécurité au delà de Paris, dans  les trois départements de la petite couronne, relève du bon sens. Il faut même souhaiter que son champ d’action puisse couvrir l’ensemble de l’Ile de France pour tenir compte du fait qu’ici où la mobilité est importante, la délinquance ignore les frontières administratives.

En matière de sécurité, la gauche est attendue au tournant.

Nos concitoyens demandent une police visible, présente dans la rue, pas une police qui marche aux deux tons et aux pneus qui crissent,  une police qui rassure et qui règle aussi ce qui empoisonne la vie au quotidien comme les occupations de halls d’immeubles ou les petites nuisances.

C’est à cela que doit travailler la gauche.

Pas à lancer des idées fantaisistes parfaitement inapplicables.

Gilles ALAYRAC

Secrétaire national du PRG

Conseiller de Paris

Vidéo protection à Paris : ni surenchère, ni dogmatisme

2011 verra à Paris l’installation des premières caméras prévues par le plan de vidéo protection de la préfecture de police adopté par le conseil de Paris en novembre 2009.

 Notre municipalité participera financièrement à l’opération mais de façon assez limitée ( moins de 10% ).

La sécurité à Paris, c’est l’affaire de l’Etat avant tout, mais il est légitime que la ville, comme elle le fait fortement, contribue financièrement à cette mission d’intérêt général.

 Le financement des 1 200 caméras sur la voie publique ne doit pas faire exception à ce principe.

 Dès 2001, date de mon élection au conseil de Paris, j’ai réclamé publiquement que la ville s’associe à  la Préfecture de Police pour mettre en place la vidéo protection dans les rues de la capitale, sur certains sites bien identifiés.

 Ma position fut plus qu’isolé jusqu’en 2008 où lors de la campagne des élections municipales, le maire candidat Bertrand DELANOE, a inscrit cette mesure dans son programme électoral.

Le développement de la vidéo -protection est maintenant devenu un engagement de mandature du maire de Paris, engagement formalisé par le vote d’un accompagnement technique et financier du dispositif.

Trop souvent, l’approche de cette question est dogmatique.

 Ceux (une partie de la gauche) qui ne veulent pas entendre parler des caméras, crient aux atteintes aux libertés publiques. Ils refusent pourtant d’évoquer les milliers de caméras privées qui nous filment tous les jours dans le métro, les banques, les commerces …. Ils ne veulent pas entendre parler des résultats probants que les caméras fournissent à la police dans la recherche des délinquants, ce qui est particulièrement vrai dans les transports en commun.

Ceux (une partie de la droite) qui veulent qu’on double ou qu’on triple le programme des 1 200 caméras sur la voie publique, ne sont intéressés que par une posture sécuritaro-virile assez misérable ! Or, ce sujet est suffisamment sérieux pour qu’on évite les approximations et la démagogie.

 Les évidences s’imposent :

-          la vidéo constitue un outil complémentaire offert aux forces de police pour davantage d’efficacité dans leur travail quotidien, elle sert utilement aux investigations en permettant de livrer à la justice les auteurs de crimes et délits ;

 -          l’installation de la vidéo doit être encadrée par un comité d’éthique compétent et exigeant afin qu’elle ne soit en aucun cas une entrave aux libertés individuelles, ce sera le cas à Paris;

 -          l’installation de la vidéo ne serait être efficace sans une police de terrain au plus proche des citoyens et tout particulièrement des quartiers difficiles. Elle ne doit en aucun cas servir d’alibi à une réduction des effectifs de police. Il faudra donc des hommes derrières les écrans de contrôle.

 C’est aujourd’hui d’une police visible, accessible, en capacité de répondre, au-delà de la délinquance réelle,  aussi aux nuisances quotidiennes qui empoisonnent la vie des gens, dont nous avons besoin.

 Je ne souscris ni à position de nos partenaires verts et communistes qui fustigent ce plan, ni à la démarche démagogue du député maire UMP du 15ème arrondissement, Philippe Goujon, jamais en reste quand il s’agit de faire de la surenchère, en demandant d’ores et déjà un nouveau plan de vidéo- protection quand l’actuel n’a pas encore vu le jour.

 Ces postures ne sont pas responsables et je me désole de voir la tournure polémique d’un dossier pourtant travaillé en bonne intelligence entre la Préfecture de Police, la Ville de Paris et l’ensemble des maires d’arrondissement.

 Depuis 2001, et l’arrivée de Bertrand Delanoë à la tête de l’exécutif Parisien, la question de la sécurité n’est plus un tabou à gauche et elle est un axe central du mieux vivre des parisiennes et des parisiens.

 Avec le soutien à ce plan de vidéo protection somme toute modeste, nous prouvons une nouvelle fois que la gauche parisienne sait faire preuve d’équilibre et de responsabilité pour s’attaquer concrètement à l’explosion de de la délinquance et de la violence qui constitue un échec retentissant de Nicolas SARKOZY