Polémique : L’ex-gare Vaugirard ne sera pas aménagée

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Le Parisien, Mercredi 13 Juillet 2011

Le lancement hier de la transformation de 1,2 km de l’ancienne voie ferrée de la petite ceinture, dans le XVe, en promenade, a donné lieu à un affrontement inédit entre Anne Hidalgo, première adjointe PS au maire chargée de l’urbanisme, et Gilles Alayrac, conseiller PRG, élus dans le XVe. Visiblement agacée, Anne Hidalgo a rejeté le vœu de Gilles Alayrac qui souhaitait que les élus proposent une solution pour aménager l’ancienne gare Vaugirard.

« Compte tenu de nos contraintes budgétaires, on ne peut pas se lancer dans un tel vœu », a expliqué Anne Hidalgo. « Je ne demande pas d’acheter la gare! rétorque Gilles Alayrac. Pourquoi ne pas initier un projet privé, une concession pour un restaurant, une guinguette ? Ce refus est regrettable pour les futurs promeneurs qui tomberont sur cette gare. » 

 

Nouveau départ pour la petite ceinture

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Laissée à l’abandon depuis des décennies, cette voie ferrée ceinturant la capitale va s’ouvrir au public dans une partie du XVe. Elle se transformera en une promenade verdoyante.

Des kilomètres de verdure en plein Paris interdits d’accès au public et laissés à l’abandon depuis plusieurs générations… C’est l’incroyable situation de la petite ceinture, cette voie ferrée de 30 km entourant Paris. Dans le sud du XVe, une partie de cette ex-ligne de chemin de fer va subir un joli lifting. La Ville de Paris transformera cette propriété de Réseau ferré de France (RFF) en une promenade verdoyante d’ici à 2013.

Les élus du Conseil de Paris doivent entériner ce projet en début de semaine prochaine.

Concrètement, 1,3 km de voie ferrée entre la place Balard et la rue Olivier-de-Serres sera aménagé et ouvert au public. Ni aire de jeux, ni grosses installations en perspective, juste une allée sillonnant au milieu de la verdure et un peu de signalétique. Le site disposera de six accès et sera adapté au public handicapé. « Nous ne voulons pas transformer la petite ceinture en un parc et jardin, mais nous souhaitons en faire une promenade nature. Les aménagements seront assez sobres, l’idée étant de ne pas dénaturer le site avec des installations trop lourdes », souligne Fabienne Giboudeaux, adjointe au maire de Paris chargée des espaces verts.

Pourquoi une telle mesure? Car cette partie de la petite ceinture est devenue un véritable havre écologique. Aucun train n’y a circulé depuis 1934. La nature a, du coup, repris ses droits. Mûres, papillons, oiseaux… : tout un écosystème à préserver mais aussi l’occasion pour les Parisiens de jouir d’une zone verte. Estimés à 4 M€, les premiers travaux devront être lancés en 2012 pour se terminer un an plus tard. Avec une contrainte : tout devra être « réversible ». Une des deux voies ferrées sera laissée en l’état. Le propriétaire des lieux, RFF se laissant la possibilité d’y faire à nouveau rouler des trains.
Politiquement, le projet fait consensus même si cela avance lentement. Les premières idées ont été proposées sous Jean Tiberi. « Je me souviens de réunions avec Yves Contassot (NDLR: alors adjoint chargé de la propreté), sur le sujet lors de la première mandature de Bertrand Delanoë », nuance Philippe Goujon, le maire UMP du XVe. Et d’ajouter : « Je souhaite que l’on prenne aussi en compte la gare de Vaugirard pour qu’elle soit aménagée en lieu d’information sur la nature. »

De son côté, Gilles Alayrac, élu PRG du XVe, milite pour « un projet d’animation culturelle, artistique et pédagogique. Cela pourrait prendre l’aspect d’expositions temporaires en plein air, de petits spectacles, d’animations des arts de la rue, de goûters récréatifs, d’ateliers pédagogiques et bien d’autres choses encore ». Mais ce dossier ne se refermera pas avec la fin des travaux en 2013. L’Hôtel de Ville souhaite étendre cette « coulée verte » encore sur un petit kilomètre. A terme, cette promenade pourra ainsi relier le parc Georges-Brassens au parc André-Citroën. De belles ballades en perspective…

Source : Le Parisien – Edition Paris – 6 juillet 2011

Transformation de la petite ceinture en promenade verte : enfin !

Le dossier de l’aménagement de la voie ferrée de la petite ceinture vient de connaître une avancée décisive.

La ville de Paris et Réseau ferré de France (RFF), propriétaire de l’emprise des 23 km qui ceinturent la capitale, viennent de conclure un accord.

 Dans le 15e arrondissement, ce sont 2,3 km de petite ceinture qui seront rendus aux promeneurs depuis France Télévision jusqu’à la rue Brancion. Le vieux rêve consistant à relier le parc André Citroën au parc Georges Brassens va donc enfin devenir réalité.

 Ce magnifique projet, nous le devons d’abord à la constance et à l’opiniâtreté de la municipalité parisienne qui, avec Bertrand DELANOE, cherche depuis maintenant 10 ans à convaincre RFF de lui attribuer des portions de la petite ceinture fermées au trafic ferroviaire depuis plus de 70 ans.

 D’ailleurs, il faut rappeler qu’on l’a échappé belle !

 C’est le choix fait par la gauche parisienne en 2001 d’installer le tramway sur les boulevards de maréchaux qui a permis de disposer de cet espace vert . Si l’UMP l’avait emporté, la probabilité d’un tramway sur la petite ceinture était quasi certaine et d’ailleurs, son leader, Philippe GOUGON, n’a eu de cesse de défendre cette solution jusqu’au bout allant même jusqu’à boycotter l’inauguration du tramway !

 RFF a fait inscrire la réversibilité du site dans l’accord passé enfin d’en préserver le caractère ferroviaire. Comme je l’avais dit au conseil de Paris il y a cinq ans, cette disposition me paraît à tous égards ridicule. Qu peut imaginer que sur ces portions de voie ferrée où depuis 1937 il n’est plus passé un train, du fret ou tout autre transport, serait un jour envisageable ? Il s’agit d’une vue de l’esprit.

 J’ai eu la chance de pouvoir accéder à cette partie de la voie ferrée dans le 15e arrondissement guidé par l’association ESPACE qui l’entretient et y accomplit un travail remarquable et je peux affirmer que cet endroit est exceptionnel à tous égards. La nature y a repris ses droits et on y perd tous ses repères. On est d’abord un peu désorienté dans ce calme et cette verdure exubérante en plein Paris et on goûte avec bonheur l’ivresse d’une promenade qui ne ressemble à rien à ce que l’on connaît. Et puis, la petite ceinture a encore de l’allure avec ses ponts, ses viaducs, ses petites gares. Bref, un endroit écologique et magique en pleine ville.

 Pour que ce projet soit complètement une réussite, il faudrait à mon sens obtenir des avancées sur plusieurs points et je compte bien les évoquer dans le débat et la concertation qui débutent :

 -         mettre l’accent sur l’accès à la petite ceinture par des cheminements bien identifiables et des accès accueillants ; jusqu’à maintenant, hormis les riverains, bien peu de parisiens savent où passe la voie ferrée et comment y accéder ;

 -         raccourcir les délais de réalisation ; le protocole d’accord entre la ville et RFF a été signé en 2006. Il n’est pas concevable que les études de faisabilités n’aient pas pu être faites pendant tout ce temps et qu’il faille attendre le dernier trimestre 2013 pour pouvoir bénéficier de cette coulée verte ;

-         ouvrir le site aux artistes, en faire un lieu d’exposition emblématique en plein air, temporaire ou éphémère, où le promeneur viendra à la fois marcher, se délaisser et admirer des œuvres d’art;

 -         sécuriser la promenade par une présence humaine du type de celle des parcs et jardins et la fermer au public en soirée de sorte que les riverains, nombreux, ne soient pas incommodés.

 En tout état de cause, l’implantation de caméras déjà réclamée par le député-maire du 15e, toujours prompt à verser dans la surenchère sécuritaire, est une bien mauvaise idée. Il n’y aurait rien de pire que de laisser sous entendre aux promeneurs que l’endroit est potentiellement dangereux. Faisons plutôt le pari que cette coulée verte sera un lieu de joie, de plaisir et de délaissement pour tous.