
Le protocole d’accord entre la Villle de Paris et le SCI tour triangle au terme duquel la Ville propose un bail à construction a été voté aujourd’hui en Conseil de Paris. La première pierre juridique du projet est donc posée.Vous trouverez ci-dessous le texte de mon intervention.
Monsieur le maire, mes chers collègues,
Le protocole d’accord que nous soumet aujourd’hui le maire de Paris au terme duquel la ville propose un bail à construction de 80 ans à la SCI Tour Triangle afin qu’elle puisse réaliser cet immeuble de grande hauteur dont nous avons déjà discuté, constitue sans aucun doute le véritable coup d’envoi de ce grand projet.
Nous sommes à un tournant.
Paris n’avait plus autorisé d’immeuble de grande hauteur depuis la tour Montparnasse en 1972 et les tours du front de Seine quelques années après.
Il est vrai que Paris, et en particulier le 15e arrondissement, étaient traumatisés par cet urbanisme inesthétique, inhumain par certains côtés et vieillissant mal.
Pourtant notre ville n’avait pas tourné le dos à l’architecture contemporaine et au travail des grands architectes comme en témoignent le centre Pompidou de Renzo Piano et Richard Rogers, l’Institut du Monde Arabe, la fondation Cartier et le musée du quai Branly de Jean Nouvel ou la cinémathèque Française de Frank Gehry.
Mais, il faut bien le reconnaître, depuis la Grande Arche de la Défense et le Stade de France, Paris et sa banlieue n’accueillent plus de réalisations monumentales.
Et voilà que l’architecture verticale est de nouveau en vogue.
Que ce soit à Londres ou à Barcelone, à Pékin ou à Canton, à Chicago ou à Abou Dhabi, des tours aux formes audacieuses sont construites ou sont en projet. Et toutes ne sont pas monstrueuses ou si extravagantes que cela, loin de là.
Paris se devait également de permettre aux architectes contemporains d’innover, de créer, de la doter d’une construction qui marque les esprits.
La tour Triangle, c’est un geste architectural fort, c’est aussi du tourisme durable car c’est aussi avec ce type de réalisation majeure qu’une ville acquiert aussi du rayonnement.
Oui, Paris doit continuer à inspirer les architectes contemporains.
De ce point de vue là, le choix du projet ne nous déçoit pas. Le choix de ses concepteurs non plus.
L’agence d’architecture suisse Herzog et de Meuron a acquis une renommée mondiale avec des réalisations comme la Tate Modern de Londres, l’Allianz Arena de football de Munich et le stade olympique du Nid d’oiseau de Pékin.
Le contexte dans lequel va voir le jour la Tour Triangle est d’un point de vue économique maintenant favorable.
Paris et l’Ile de France ont besoin de grands locaux pour les entreprises.
Après deux années de léthargie forcée des montages tertiaires, les développeurs reprennent leurs opérations mises en sommeil et s’engagent à nouveau sur de grandes opérations foncières dans la capitale et en première couronne. Sur le marché de l’investissement, la reprise est bel et bien là, le marché rêve d’immeubles de bureaux modernes, neufs, adaptés.
On pourrait objecter que Paris regorge de bureaux vides à vendre. Mais, justement, ce stock existe car ce sont des bureaux vétuste ou pas aux normes tandis que les bureaux neufs sont devenus une denrée rare.
La Tour triangle devrait donc constituer un site d’accueil attractif et de grande qualité pour les entreprises d’abord par sa modernité et la surface qu’elle leur offrira mais aussi par son emplacement.
Elle va voir le jour dans un quartier métamorphosé par le travail mené par la ville de Paris et la région, qui connaît un renouveau avec le réaménagement de la porte de Versailles, la requalification du boulevard des maréchaux et une offre nouvelle en termes de transports en commun avec, désormais, deux lignes de tramway.
Pour terminer, je voudrais former, Mme Hidalgo, trois vœux pour ce projet :
- d’abord que la Tour triangle fasse une place aux PME. Sur plus de 160 m de haut, il y aura de la place pour accueillir des services publics, une crèche est annoncée, des grandes entreprises et pourquoi pas des ministères dont on sait que plusieurs d’entre eux, éparpillés dans tout Paris, peinent aujourd’hui à se regrouper. Mais il faudra aussi, à mon sens, une pépinière d’entreprises.
- le second vœu est que la Tour triangle ne soit pas comme la Tour Montparnasse ou les tours de la Défense, un monument que l’on voit mais finalement inaccessible. Son ouverture au public est prévue par ses concepteurs.
Tout devra être fait pour ne pas intimider le public mais au contraire lui donner envie d’entrer dans l’atrium, de faire ses courses dans les commerces, et de grimper vers les belvédères et leurs restaurants et cafés pour profiter de la vue spectaculaire.
- enfin, implantée au cœur d’un parc des expositions qui n’est plus de toute jeunesse et guère esthétique, la Tour Triangle, je l’espère suscitera la rénovation de ces 36 ha qui doivent absolument s’adapter à un environnement concurrentiel international féroce.
Ce vaste et ambitieux projet nous éloigne, si besoin est, du vieux cliché du village parisien. Avec lui, notre ville confirme qu’elle est bien tournée vers le 21e siècle.