La proposition de nouveaux jours fériés d’Eva Joly : une idée incongrue, étonnante, électoraliste.

La candidate EELV à l’élection présidentielle a proposé hier, que les jours de Yom- Kippour et de l’Aïd-el-Kébir deviennent fériés : cette proposition, faite au nom de la laïcité, me parait à la fois étrange voire incongrue et de toute façon électoraliste.

La laïcité implique au contraire la neutralité de la sphère publique par rapport à la sphère privée et non l’encouragement des particularismes et des pratiques religieuses et spirituelles.

Si une telle proposition était mise en place, qu’est ce qui empêcherait, à raison d’ailleurs, aux hindouistes, de plus en plus nombreux en France, ou aux adeptes du taoisme, de demander qu’un jour férié leur soit reconnu pour la pratique de leur culte?

Certes aujourd’hui, le calendrier en France est très largement calqué sur les saints et la chrétienté : c’est l’héritage de l’histoire de notre pays, longtemps liée à celle l’Eglise, c’est une réalité historique sans signification religieuse.

Bénéficier des jours fériés n’implique ni adhésion à la religion catholique ni sa pratique. On célèbre Noël sans être Chrétien.

Enfin, dans un contexte de récession économique, il restera à démontrer que l’octroi de jours fériés complémentaires, peut être bénéfique à notre économie.

La proposition de la candidate est un non sens économique.

La place du XVe qui change trois fois de nom

parisien
 
article paru dans le Parisien le 27 septembre 2011.
 
La Place du XVe qui change trois fois de nom

Les habitants de la place de la Convention dans le XVe arrondissement ne vont plus s’y retrouver. En deux ans, leur place aura changé trois fois de noms. Hier, un vœu proposant de la dénommer place de la Laïcité a été adopté dans la douleur. Et pour cause : dans le XVe arrondissement, il n’a même pas été mis à l’ordre du jour.

Il y a deux ans, un premier vœu voulait dénommer cette place Geneviève-Anthonioz-de-Gaulle, en hommage à cette grande résistante décédée en 2002. Mais hier, Claude Dargent, conseiller PS du XVe, a assuré que la famille Anthonioz-de Gaulle n’appuyait pas cette proposition, d’où l’idée de la place de la Laïcité. Une version contestée par Hélène Macé de Lépinay, élue UMP du XVe arrondissement et petite-nièce du général de Gaulle. « Je ne comprends rien à cette histoire : la famille Anthonioz n’a jamais été approchée à propos du projet de dénomination de la place. Et aujourd’hui, on nous parle de changer encore de nom! »

A gauche, c’est le terme laïcité qui ne passe pas. « C’est un faux nez pour se racheter une bonne conscience sur la laïcité, alors que plein de problèmes subsistent, comme par exemple l’observatoire de la laïcité qui doit être mis en place depuis un an », estime Gilles Alayrac, conseiller radical de gauche du XVe. D’autres élus de gauche, comme le conseiller du Parti de gauche, Alexis Corbière, regrettent aussi cette initiative trop symbolique. Malgré tout, le vœu a été voté hier. « J’apprends maintenant que la famille Anthonioz-de Gaulle serait d’accord pour baptiser la place du nom de leur parente, ce n’était pas clair, réplique Claude Dargent. Mais si cela peut se faire, on peut toujours reproposer cette dénomination »…

Une « Place de la Laïcité » à Paris : la ficelle est un peu grosse

Aujourd’hui, je voterai contre la proposition de mes collègues socialistes du Conseil de Paris d’attribuer le nom de « place de la laïcité » à la place dite « Convention », bien connue des habitants du 15ème.

Observons dans un premier temps que cette place est identifiée depuis des temps immémoriaux par les habitants comme étant la « place Convention ».

Qui comprendrait la raison d’une nouvelle dénomination ?

En outre, aucune symbolique particulière ne s’attache à cet endroit à la laïcité.

Enfin, les radicaux de Gauche depuis 2001 dénoncent la politique menée tant par la municipalité parisienne que par la plupart des mairies d’arrondissement en matière de relation avec les religions et les associations cofessionelles. Les exemples abondent.

La laïcité, pour nos amis socialistes et pour toute la droite, est un slogan, un concept fumeux, fourre-tout, qui excuse les gestes envers les cultes et les subventions à leurs structures. Je ne parle même pas du défilé des élus de tout bords aux cérémonies religieuses.

Dans l’attente d’un observatoire municipal de la laïcité, annoncé et sans cesse ajourné, qui définira ce que doit être la relation du politique au religieux à Paris, une place de la laïcité est au mieux une initiative vide de sens.