Question d’actualité du groupe PSRGA sur la rentrée scolaire 2011

 

 

 

 

 

 

 

Au nom du groupe Socialiste, Radical de Gauche et apparentés, j’interrogeais aujourd’hui le Maire de Paris sur la prochaine rentrée scolaire.

Monsieur le Maire,

Mes cher-e-s Collègues,

Je voudrais évoquer les vives préoccupations de notre groupe relatives aux conditions de la prochaine rentrée scolaire à Paris.

Je dois dire notre grande perplexité, pour ne pas dire plus, concernant l’affirmation du président de la République, le 21 juin dernier, qui annonçait un prévisible  bon déroulement de cette rentrée.

 Et bien non, contrairement à ce qu’il affirme, la rentrée 2011 ne se passera pas dans « d’excellentes conditions » à Paris, comme dans le reste de la France d’ailleurs

 Bien au contraire !

Le tour de passe-passe politicien consistant à annoncer pour septembre 2012, un moratoire sur les fermetures de classes ne suffit pas à masquer le cynisme de ce gouvernement, qui en ne remettant pas en cause son dogme de suppression d’un poste pour deux départs en retraite, tente pourtant de calmer les réactions des élus de terrain – de l’opposition comme de son propre camps d’ailleurs – à la veille d’échéances électorales particulièrement disputées.

Je demande pourquoi remettre à l’année suivante ce qu’on peut faire dès cette année, au vu des données démographiques qui sont en notre possession ?

 Mais le plus grave ne réside pas là.

 Le compte n’y est tout simplement pas.

 La communauté scolaire toute entière, les parents d’élèves et les élus connaissent la réalité et savent compter.

 Comment promettre que le nombre de fermetures ne devra pas excéder celui des ouvertures, alors que le budget alloué à l’Education nationale pour la rentrée 2011 prévoit 3.400 enseignants de primaire de moins en l’absence même de baisse du nombre d’élèves ?

Le budget prévoit également 6.000 remplaçants de moins en primaire, autrement dit des dizaines de milliers d’élèves de 3 à 10 ans sans enseignant, ainsi que 4.810 enseignants de collège de moins pour accueillir 40.000 élèves de 6ème supplémentaires.

C’est un défi contre l’arithmétique, c’est tout simplement un défi contre le bon sens.

Notre ville va payer un lourd tribu : 77 postes vont être supprimés et  je les mets en parallèle avec l’ouverture par notre Ville de 3 nouvelles écoles !

Je rappelle que ce sont plus de 160 postes qui ont été supprimés depuis la rentrée 2009 !

Ce n’est pas tout. En septembre, les RASED vont perdre 27 postes, alors que les enfants qu’ils épaulent au quotidien sont ceux qui présentent les plus forts besoins.

Ce sont aussi 33 postes de remplaçants qui disparaissent, ainsi que nombre d’intervenants en langues vivantes.Nous pouvons donc prévoir que la rentrée à venir sera particulièrement rude

Dans le 15ème, les estimations montrent que certaines écoles surchargées, où la ville serait disposée à ouvrir des classes, ne pourront en bénéficier à cause du manque d’enseignants.

Les suppressions de postes accumulées font que la carte scolaire est désormais bâtie sur des classes entièrement remplies.

Les classes fermant tant que les effectifs ne sont pas au complet, il n’y a donc plus aucune marge de manœuvre pour accueillir au mieux les élèves.

Les mairies d’arrondissement ont dû redoubler d’effort pour garantir le droit de chaque enfant à être scolarisé, en prononçant de très nombreuses dérogations administratives, auxquelles les parents ont dû faire face tant bien que mal.

Beaucoup d’enfants seront contraints à des trajets allongés parce qu’ils n’auront pu être acceptés dans l’école du secteur.

Quoiqu’en dise le gouvernement, la prochaine rentrée scolaire ne se fera pas dans de bonnes conditions et ça ne nous réjouit pas tant nous croyons à la nécessité d’accompagner l’école publique laïque dans sa mission essentielle qui est d’offrir les meilleures conditions d’apprentissage aux enfants.

Voilà, mes chers collègues, vous allez être justement interpelés car tous les voyants sont au rouge, ne nous le cachons pas.

Aussi, Monsieur le Maire de Paris, face à de telles attaques en règle contre le  service public de l’Education Nationale, je voudrais connaître votre position et ce qui serait nécessaire pour aider l’école publique à Paris.

 Je vous remercie,

Non, Monsieur le Président, la rentrée 2011 ne se passera pas dans d’excellentes conditions!

Retrouvez ci-dessous le communiqué de ma collègue Colombe Brossel, adjointe au Maire de Paris chargée de la vie scolaire et de la réussite éducative, relatif à la difficile rentrée des classes qui se profile dans les écoles parisiennes.

Alors que la carte scolaire proposée par l’Académie de Paris pour la rentrée 2011 avait été unanimement désapprouvée en février 2011, la réunion d’ajustement tenue hier au Rectorat ne peut que nous laisser un goût amer. Car, en réalité, il n’y a pas eu d’ajustement.

En effet, les quelques mesures annoncées ne répondaient qu’à des obligations manifestes, dictées par des erreurs de prévision ou par des montées d’effectifs telles que les seuils d’ouverture de classes étaient déjà largement franchis. Pour le reste, l’Académie s’est livrée pendant plusieurs heures à un dialogue de sourds, ignorant les alertes portées par les élus, les parents d’élèves comme les syndicats enseignants.

Le Rectorat maintient l’équilibre général d’un projet que tous dénoncent. La facture est pourtant lourde : 77 postes vont être supprimés alors que la Ville ouvre 3 nouvelles écoles à la rentrée ! Les Réseaux d’Aide aux Elèves en Difficulté (RASED) perdront bien 27 postes, alors que les enfants qu’ils épaulent au quotidien sont ceux qui présentent les plus forts besoins. Par ailleurs, 33 postes de remplaçants disparaissent et l’Académie réduit encore le nombre d’intervenants en langues vivantes. C’est bien à une rentrée rude que nous prépare le gouvernement qui cible encore les élèves les plus en difficultés.

Aujourd’hui, les situations d’alertes sont nombreuses : dans le 19eme , les besoins éducatifs netrouvent comme unique réponse que 7 classes fermées à la rentrée ; dans le 15 eme, aucuneouverture complémentaire n’a été accordée malgré les montées d’effectifs annoncées, etc.

Les exemples pourraient être multipliés sur de nombreux quartiers car, en supprimant des postes jusqu’à ce que les classes soient prêtes à déborder, le Rectorat semble vouloir faire d’une situation difficile la norme en matière d’éducation.

En effet, les écoles étant de plus en saturées, les mairies d’arrondissement ont dû redoubler d’effort pour garantir le droit de chaque enfant à être scolarisé. La conséquence est logique : de nombreuses familles ne pourront être accueillies dans leur école de secteur, beaucoup d’enfants seront contraints à des trajets allongés, dans davantage d’écoles la mixité sera malmenée.

C’est à l’Académie, qui ne dispose que de deux postes pour faire face aux urgences de la rentrée, d’apporter les réponses appropriées. Et ce serait, bien entendu, au gouvernement de détacher les emplois nécessaires pour garantir aux Parisiens les conditions d’un apprentissage de qualité. Sinon, il devra assumer la responsabilité d’une rentrée qui pourrait se dérouler dans des conditions non pas excellentes, mais bien exécrables.

Les « Talens Lyriques » au collège Modigliani

Avec ma collègue Marie Hélène Pietranico, j’ai été invité fin mars dans le gymnase du collège Modigliani, à écouter les Talens Lyriques et son chef Christophe Rousset, jouer pour des classes de 4e des extraits d’une musique que très certainement la plupart des collégiens ne connaissaient pas.

Au programme, Bach, des cantates et La Passion selon Saint Jean.

Ce moment privilégié où les enfants, tous très concentrés, boivent les paroles d’un enseignant et du chef d’orchestre ( également au clavecin!) qui décortiquent la musique de Bach soudain accessible et écoutent le jeune et talentueux ténor Topi Lehtipuu qui me dira adorer ce travail vers les enfants, nous le devons au partenariat que la ville de Paris a noué avec cette formation musicale de niveau international qui intervient maintenant dans 5 collèges parisiens.

Il ne manquait que le nôtre, le 15e.

C’est chose faite.

Un grand merci à ma collègue Colombe Brossel, adjointe en charge des affaires scolaires, qui a bien voulu, à ma demande, donner vie à ce magnifique projet et au principal du collège Modigliani, monsieur jean-charles Volkmann , qui a accepté tout de suite et avec enthousiasme cette expérience musicale pédagogique qui a ouvert aux collégiens des horizons jusque là inconnus d’eux.

Vous trouverez sur le site des Talens Lyriques une vidéo retraçant l’expérience: http://lestalensaucollege.musicblog.fr/1583029/Residence-airs-cantates-concertos-de-Bach-au-college-Modigliani-Paris-15e-en-mars-2011/