

Le dossier de l’aménagement de la voie ferrée de la petite ceinture vient de connaître une avancée décisive.
La ville de Paris et Réseau ferré de France (RFF), propriétaire de l’emprise des 23 km qui ceinturent la capitale, viennent de conclure un accord.
Dans le 15e arrondissement, ce sont 2,3 km de petite ceinture qui seront rendus aux promeneurs depuis France Télévision jusqu’à la rue Brancion. Le vieux rêve consistant à relier le parc André Citroën au parc Georges Brassens va donc enfin devenir réalité.
Ce magnifique projet, nous le devons d’abord à la constance et à l’opiniâtreté de la municipalité parisienne qui, avec Bertrand DELANOE, cherche depuis maintenant 10 ans à convaincre RFF de lui attribuer des portions de la petite ceinture fermées au trafic ferroviaire depuis plus de 70 ans.
D’ailleurs, il faut rappeler qu’on l’a échappé belle !
C’est le choix fait par la gauche parisienne en 2001 d’installer le tramway sur les boulevards de maréchaux qui a permis de disposer de cet espace vert . Si l’UMP l’avait emporté, la probabilité d’un tramway sur la petite ceinture était quasi certaine et d’ailleurs, son leader, Philippe GOUGON, n’a eu de cesse de défendre cette solution jusqu’au bout allant même jusqu’à boycotter l’inauguration du tramway !
RFF a fait inscrire la réversibilité du site dans l’accord passé enfin d’en préserver le caractère ferroviaire. Comme je l’avais dit au conseil de Paris il y a cinq ans, cette disposition me paraît à tous égards ridicule. Qu peut imaginer que sur ces portions de voie ferrée où depuis 1937 il n’est plus passé un train, du fret ou tout autre transport, serait un jour envisageable ? Il s’agit d’une vue de l’esprit.
J’ai eu la chance de pouvoir accéder à cette partie de la voie ferrée dans le 15e arrondissement guidé par l’association ESPACE qui l’entretient et y accomplit un travail remarquable et je peux affirmer que cet endroit est exceptionnel à tous égards. La nature y a repris ses droits et on y perd tous ses repères. On est d’abord un peu désorienté dans ce calme et cette verdure exubérante en plein Paris et on goûte avec bonheur l’ivresse d’une promenade qui ne ressemble à rien à ce que l’on connaît. Et puis, la petite ceinture a encore de l’allure avec ses ponts, ses viaducs, ses petites gares. Bref, un endroit écologique et magique en pleine ville.
Pour que ce projet soit complètement une réussite, il faudrait à mon sens obtenir des avancées sur plusieurs points et je compte bien les évoquer dans le débat et la concertation qui débutent :
- mettre l’accent sur l’accès à la petite ceinture par des cheminements bien identifiables et des accès accueillants ; jusqu’à maintenant, hormis les riverains, bien peu de parisiens savent où passe la voie ferrée et comment y accéder ;
- raccourcir les délais de réalisation ; le protocole d’accord entre la ville et RFF a été signé en 2006. Il n’est pas concevable que les études de faisabilités n’aient pas pu être faites pendant tout ce temps et qu’il faille attendre le dernier trimestre 2013 pour pouvoir bénéficier de cette coulée verte ;
- ouvrir le site aux artistes, en faire un lieu d’exposition emblématique en plein air, temporaire ou éphémère, où le promeneur viendra à la fois marcher, se délaisser et admirer des œuvres d’art;
- sécuriser la promenade par une présence humaine du type de celle des parcs et jardins et la fermer au public en soirée de sorte que les riverains, nombreux, ne soient pas incommodés.
En tout état de cause, l’implantation de caméras déjà réclamée par le député-maire du 15e, toujours prompt à verser dans la surenchère sécuritaire, est une bien mauvaise idée. Il n’y aurait rien de pire que de laisser sous entendre aux promeneurs que l’endroit est potentiellement dangereux. Faisons plutôt le pari que cette coulée verte sera un lieu de joie, de plaisir et de délaissement pour tous.